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Grâce présidentielle accordée à 529 condamnés : « un acte d’humanité fort qui ne remet pas en cause les décisions de justice ni les droits des victimes » (Amara Camara)

19 octobre 2026

À l’occasion de la fête de l’indépendance, le président de la République a accordé une grâce à 529 détenus à travers le pays. Lors d’une conférence de presse conjointe de la Présidence et du Gouvernement, organisée ce lundi 19 octobre 2026 à Conakry, le porte-parole de la Présidence, le général Amara Camara, a expliqué les raisons de cette mesure ainsi que l’importance de l’accompagnement des bénéficiaires après leur sortie de prison.

Présentant cette décision comme « un acte d’humanité fort », il a toutefois précisé que la grâce présidentielle ne remettait pas en cause les décisions de justice ni les droits des victimes.

« À la faveur de la fête d’indépendance de notre pays, le président de la République a gracié par deux décrets 529 de nos concitoyens à travers tout le pays. C’est un acte d’humanité fort. Mais derrière cette grâce, il faut retenir que la grâce n’est pas un oubli. Ça ne remet pas en cause les décisions de justice, ni les droits des victimes, notamment sur la réparation », a-t-il déclaré.

Le porte-parole de la Présidence a également souligné que cette mesure de clémence devait s’accompagner d’un dispositif destiné à préparer les bénéficiaires à leur retour dans la société.

« En posant cet acte, le chef a vraiment voulu montrer sa clémence. Mais la clémence dont on parle, c’est la clémence responsable. Et c’est le sens de l’article 2 des deux décrets qui ont été pris, qui parlent du bénéfice de la grâce qui doit être subordonné à l’accomplissement d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion de ceux qui ont été graciés », a-t-il expliqué.

Pour Amara Camara, cet accompagnement constitue une étape importante dans le processus de réinsertion des personnes libérées.

« C’est très, très important de pouvoir faire de l’accompagnement pour ceux qui ont quitté le milieu carcéral », a-t-il insisté.

Expliquant les raisons de la mise en place de ce stage, le porte-parole de la Présidence a évoqué trois objectifs essentiels : protéger les bénéficiaires dans une période de fragilité, renforcer leur apprentissage de la citoyenneté et préparer leur réinsertion sociale et professionnelle.

Sur le premier point, le général Amara Camara a insisté sur les difficultés auxquelles les anciens détenus peuvent être confrontés au moment de retrouver leur place dans la société.

« Pourquoi ce stage ? Trois raisons essentielles. La première : les sorties de prison constituent des moments de fragilité pour ceux qui y étaient. Quand ça sort de prison, en général, les gens n’ont pas beaucoup de repères, ils n’ont pas beaucoup de ressources. Parfois, les familles d’accueil ne sont pas prêtes à les accueillir. Le stage est en ce sens une façon de leur permettre de profiter favorablement de leur mise en liberté. Il faut pouvoir les protéger. Et en les protégeant, il y a un pas aussi qui est pris pour protéger notre société », a-t-il déclaré.

La deuxième raison avancée concerne l’apprentissage et le réapprentissage des valeurs citoyennes. Selon le porte-parole, un programme de formation a été élaboré conjointement par les ministères de la Justice et de la Défense. Il a également salué le déroulement du stage sur le terrain, à Sonfonia, où les bénéficiaires suivent actuellement cet encadrement.

« La deuxième raison : étant citoyen, notre travail dans la suite de notre citoyenneté, ça s’apprend tout au long de notre vie, mais ça peut également se réapprendre. Pour pouvoir le faire, un programme de formation a été conçu en collaboration entre le ministère de la Justice et celui de la Défense. C’est le lieu de saluer le travail remarquable qui est en train de se faire sur le terrain aujourd’hui à Sonfonia. Le stage se passe très bien, et les bénéficiaires du stage sont très heureux de l’enseignement qui est en train d’être fait à leur profit », a-t-il affirmé.

Le troisième objectif, a-t-il précisé, est de préparer concrètement le retour des bénéficiaires dans leurs familles, leurs communautés et, pour certains, dans la vie professionnelle. Le stage doit être sanctionné par une attestation.

« Et la troisième et dernière raison pourquoi l’article 2, c’est de préparer la réinsertion. Ce stage prépare le retour en famille, le retour dans la communauté et le retour dans la vie professionnelle pour certains d’entre eux. Il va être conclu par une attestation qui montrera que cette personne effectivement a passé cette étape et qu’elle ne représente pas un danger pour la société », a expliqué le porte-parole de la Présidence.

À travers ce dispositif, les autorités entendent ainsi associer la mesure de clémence accordée aux 529 détenus à un accompagnement visant à faciliter leur retour dans la société.

Mayi Cissé

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Last modified: 19 octobre 2026

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