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Obsèques de Séné Diallo : émotion, témoignages poignants et appels à la solidarité lors du dernier hommage à l’animateur culturel

27 octobre 2026

L’émotion était vive ce lundi 26 octobre 2026 à l’hôpital de l’amitié sino-guinéenne, à Conakry, lors de la levée du corps d’Aboubacar Diallo, plus connu sous le nom de Séné Diallo, journaliste et animateur culturel.

Parents, personnalités publiques, journalistes, artistes, amis, collaborateurs et connaissances se sont mobilisés pour rendre un dernier hommage à celui qui a consacré une grande partie de sa vie à la promotion de la culture guinéenne. Entre témoignages poignants, souvenirs et appels à la solidarité envers sa famille, la cérémonie a été marquée par une profonde tristesse.

Dans une atmosphère de recueillement, plusieurs intervenants se sont succédé pour retracer le parcours professionnel du défunt, saluer ses qualités humaines et évoquer les souvenirs laissés par celui dont la voix a accompagné des milliers d’auditeurs.

Prenant la parole lors de ce symposium, Ibrahima Sory Traoré est revenu sur les grandes étapes de la vie de Séné Diallo, depuis son enfance à Fria jusqu’à son parcours dans les médias et la communication.

Fils de Mamadi Diallo et de Binta Sané, Séné Diallo a grandi à Fria, où il s’était déjà distingué par son engagement envers les autres, notamment à travers l’enseignement bénévole du français et des mathématiques au collège Tito.Son parcours professionnel l’a ensuite conduit à Nostalgie Guinée, où il a exercé pendant près de dix ans, devenant une voix familière pour de nombreux auditeurs. En 2011, son talent a été récompensé par le Diassa d’or du meilleur animateur radio de Guinée.Également actif dans l’événementiel, il a travaillé dans plusieurs structures, notamment Celcom, Guicopress et Djoma Médias.

«Il enseignait bénévolement le français et les mathématiques au collège Tito, sans rien attendre en retour. Il était déjà, avant le micro et les projecteurs, un homme qui donne. Sur Djoma Médias, il nous tendait chaque semaine le miroir de notre passé commun. Avec tendresse, il ravivait les airs, les visages et les instants que nous connaissions bien. Il était, en quelque sorte, le gardien de notre nostalgie collective », a souligné Traoré. Avec Sénémania, il ouvrait des scènes aux artistes guinéens. Combien d’entre eux lui doivent leurs premiers applaudissements ? Séné était dynamique, honnête, généreux, toujours soucieux de bien faire. Mais il était surtout un époux aimant et un père de trois enfants », a-t-il soutenu.

S’adressant directement à la famille endeuillée, le PDG du site d’information Guinée7, Ibrahima Sory Traoré a rappelé que la disparition de Séné Diallo constituait une perte ressentie bien au-delà de son entourage immédiat:«À ses enfants, à sa sœur ici présente, à son frère aussi présent, à toute sa famille, votre peine est la nôtre. Toute une nation d’auditeurs pleure avec vous. Séné, tu as passé ta vie à donner la parole aux autres. Aujourd’hui, c’est nous qui parlons de toi et les mots nous manquent. Le studio est plutôt silencieux, mais ta voix restera dans chacun de nos souvenirs », a-t-il déclaré.

Tous provenant de la cité des aluminium, M. Traoré a adressé son adieux : «Fria, qui t’a vu grandir, Fria, qui t’a tout donné et qui a tout reçu de toi, te dit merci. Repose en paix, guerrier. Qu’Allah t’accorde sa miséricorde. Va en paix, mon frère ! »

De son côté, l’acteur culturel, écrivain et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Fodeba Isto Keira, visiblement affecté par cette disparition, a rappelé les circonstances de sa rencontre avec Séné Diallo au début des années 2000, alors que ce dernier faisait ses premiers pas dans l’animation culturelle:« Notre jeune frère Séné, c’est difficile de témoigner, mais l’honnêteté intellectuelle m’oblige à dire que cet homme que nous voyons étalé ici m’a été présenté par Malick Kébé dans les années 2000, pour que, dans mes spectacles que j’organisais à l’époque, parce que j’étais très actif avant de prendre ma retraite de la scène, il puisse présenter les spectacles de musique urbaine », a-t-il expliqué.

Évoquant cette génération de jeunes animateurs et journalistes culturels qui ont fait leurs premiers pas auprès des acteurs expérimentés du secteur, Fodéba Isto Keira a salué la mobilisation enregistrée autour du défunt, malgré le court délai entre l’annonce de son décès et l’organisation du symposium:

«C’est l’occasion pour moi, ici, au moment où on se sépare, de présenter mes respectueuses condoléances à sa famille biologique, à l’ensemble de la presse nationale, parce que, malgré le temps court marquant l’annonce de son décès et la programmation de ce symposium, voyez déjà l’expression populaire à travers cette mobilisation de toutes les couches sociales de notre pays. Merci aux artistes, merci aux journalistes », a-t-il déclaré.

Avant de terminer son intervention, il a invité les proches, les confrères et les acteurs culturels à accompagner la famille de Séné Diallo, particulièrement ses enfants.«Je finis par des prières pour que son âme repose en paix. Nous disons courage à son épouse, à toute sa famille, et chacun de nous pourra apporter ce qu’il peut à sa famille pour que les enfants puissent vivre décemment », a-t-il lancé.

Un appel à la solidarité également porté par Patricia Adeline Lamah, ancienne ministre de la promotion féminine, coiffeuse, qui s’est exprimée en sa qualité de petite sœur et de protégée du défunt:«Je vais intervenir aujourd’hui en tant que petite sœur et protégée. C’est quelqu’un qui m’a toujours protégée, qui m’a toujours accompagnée. Quelle que soit la destination que je prends, il est toujours là avec moi. Je vais juste dire à tout le monde ici présent que, s’il avait une relation particulière avec chacun, c’était une lumière pour tout le monde. Mais avant tout, c’était un humain, quelqu’un qui aimait les gens. C’est quelqu’un qui aimait élever les gens », a-t-elle témoigné.

Au-delà de cet hommage personnel, Patricia Adeline Lamah a surtout insisté sur la nécessité de ne pas abandonner les enfants laissés par le défunt.«Je voudrais vous dire de ne pas oublier ses enfants, parce qu’on savait que c’était un bon papa qui adorait ses enfants. Il part aujourd’hui, mais il a laissé ses représentants qui sont ses enfants. Nous ne les oublions surtout pas. Je prie vraiment que, là où tu pars, tu partages de l’amour, de la joie comme d’habitude, et que tu reposes en paix. Que Dieu ait ton âme. Là où tu es, tu seras l’animateur auprès du Seigneur », a-t-elle ajouté.

Après ces témoignages et les derniers hommages rendus à l’hôpital de l’amitié sino-guinéenne, la dépouille d’Aboubacar Diallo l’auteur du slogan: «avant c’était mieux», a été conduite à Taouyah, dans le quartier de Rogbanè, où une dernière prière a été organisée avant son inhumation au cimetière du même nom.

Le journaliste et animateur culturel y repose désormais, laissant derrière lui une veuve et trois enfants en bas âge, privés de leur époux et père. Une disparition douloureuse qui soulève également la question de l’avenir de cette famille, au cœur des appels à la solidarité lancés lors de la cérémonie.

Si le micro de Fory Séné s’est définitivement tu, sa voix, son engagement en faveur de la culture guinéenne, les souvenirs et son énergie positive qu’il laisse à ses proches et collaborateurs continueront de résonner dans les mémoires.

Mayi Cissé 

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Last modified: 27 octobre 2026

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