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Brouillage des fréquences de FIM et Djoma: les directeurs de l’information des deux médias s’expriment

27 novembre 2023

Après la restriction de certains sites d’information les mois passés et celle des réseaux sociaux en cours ,aujourd’hui, nous assistons au brouillage des ondes de FIM FM et Djoma.
Pour avoir plus d’informations sur ce qui se passe, ce lundi 27 novembre, notre rédaction est allée à la rencontre des responsables de ces médias concernés, ainsi que le président de l’URTERGUI.
Les directeurs de l’information des deux médias ont effectivement confirmé l’information. Par ailleurs, ils pointent un doigt accusateur sur les autorités, qui, selon eux, seraient à la base de ce brouillage.

Talibé Barry, directeur de l’information FIM FM

« Effectivement depuis le vendredi dernier, nous avons constaté les difficultés à avoir le signal de la radio dans le grand Conakry.
Malheureusement, nous ne sommes pas surpris puisque c’est pas la première fois que nous soyons victimes de brouillage. Et nous sommes rentrés en contact avec les autorités de la transition mais aussi celles de l’ARTP pour voir éventuellement ce qu’elles nous diront concernant cet état de fait, mais jusque là où nous sommes aucune réponse de la part de ces deux entités. Pire, nous n’avons jusqu’à date pas été signifiés d’une décision, résultat de cette situation. Mais puisque c’est pas la première fois nous disons que c’est un agenda caché pour agenouiller FIM.
Aujourd’hui c’est seulement le site et les canaux digitaux qui nous restent. C’est pourquoi, vous avez constaté, en signe de protestation, nous avons écourté l’émission phare du média, Mirador. En lieu et place de 3h, nous n’avons fait qu’1h pour dénoncer cette façon de faire mais aussi montrer notre ras-le-bol.
Au cours de l’émission heureusement, nous avons reçu le président de l’Urtelgui qui s’est indigné de cette situation mais qui nous a fait comprendre que la fréquence de Djoma aussi est brouillée. Ce  qui veut dire que d’autres radios sont dans la même situation que nous. Et il a annoncé des mesures fortes à partir de demain pour dénoncer cette action liberticide des autorités. Bien sûr que cela nous affecte puisque si tout le monde peut brouiller les ondes, ce qui veut dire que tous les messages peuvent passer, c’est pourquoi nous avons dans le communiqué dégagé notre responsabilité par rapport à tout message qui passerait sur notre antenne à travers notre fréquence qui ne viendrait pas de nous.
Au-delà, nous avons des partenaires commerciaux qui ont des spots publicitaires chez nous, vous imaginez le souci que cela peut nous causer. C’est énorme. Pour le moment, le seul responsable que nous connaissons, ce sont les autorités puisque la fréquence que nous utilisons nous a été attribuée par les autorités, notamment l’ARTP et donc s’il y a un problème c’est à elle de nous dire même si elle n’est actrice de la situation, ce qui ne va pas. Mais malheureusement jusqu’à présent aucune suite favorable »,  a confié Talibé Barry, DI de FIM FM.
Aboubacar Condé, directeur de l’information du groupe Djoma médias
« Nous avons commencé à remarquer les brouillages de fréquence de notre radio, hier(dimanche) aux environs de 21h37. J’ai remarqué que les voix passaient sous forme hachée, c’est-à-dire dans une phrase vous pouvez capter deux ou trois mots et la suite vous ne pouvez pas. J’avais imaginé que c’est le courant qui était parti là où se trouve l’émetteur. Mais ce matin également, en quittant la maison pour la radio, j’ai constaté la même chose, je suis allé sur la fréquence de FIM, j’ai remarqué la même chose, je suis allé sur d’autres radios, j’ai remarqué que l’animation était nickel. J’ai appelé le directeur général, il m’a dit : c’est exactement la même chose que je constate. Donc depuis hier à 21h37, jusqu’à maintenant, nous sommes victimes de brouillage. Et j’ai appelé le président de la HAC pour lui faire part de ce qui  nous arrive, il dit que ça arrive(…). Il a promis qu’aujourd’hui au milieu de la journée ils vont adresser un courrier à l’ARPT. Nous attendons mais c’est quand même quelque chose de dramatique. Depuis le vendredi, on a d’abord constaté la restriction des réseaux sociaux et après on a constaté le brouillage de ces médias. Mais le plus anormal dans tout ça, on ne prévient rien, on n’a aucune notification pour dire que c’est à cause du contenu de telle ou telle émission(…). Ça nous impacte parce que nos partenaires, la page commerciale ne passe pas convenablement.Quelle va être la réaction des partenaires vis-à-vis du média ? Dans un premier temps, vous savez comme on est dans une association, l’URTERGUI,pour ceux qui ont suivi l’émission (…) il( URTERGUI) a déploré, condamné et annoncé des mesures qui vont être entreprises, pas par FIM ni par Djoma mais plutôt par l’association elle-même. (…)
Et comme je vous l’ai dit, nous nous réservons le droit de saisir les juridictions compétentes contre X par rapport au brouillage parce que ça ne peut pas continuer comme ça. (…) En attendant de savoir qui est derrière, nous,  nous accusons les autorités (…) », a-t-il indiqué.

Aboubacar Camara, président de l’URTELGUI 

Quant à Aboubacar Camara, président de l’Urtergui, il a annoncé quelques mesures qu’ils vont prendre dans les heures qui suivent. « Effectivement, il y a un peu plus de 72 heures,  les ondes de la radio Fim fm ont été brouillées. Et ce matin, Djoma a été malheureusement ajouté sur la longue liste. A l’intérieur du pays, nous avons aussi la radio Fasso fm, qui subit la même opération. Donc, il faut dire que cette pratique a commencé depuis maintenant quelques mois et en tant qu’organisation de la presse audiovisuelle que nous sommes, URTERGUI. Nous avons tenté d’approcher les autorités à tous les niveaux pour essayer de pallier cette nouvelle pratique, parce que tout porte à croire que c’est l’ARPT qui passe par des manoeuvres qui sont déjà connues pour essayer d’empêcher ces médias de bien travailler et il utilise(ARPT) son système de surveillance.
Aujourd’hui, nous sommes sortis pour exprimer notre ral-le-bol. Donc, au-delà de ça, nous avons déjà entrepris quelques dispositions et qu’on va commencer à déployer dès ce soir. Demain déjà nous rentrons dans ce qu’on appelle la désobéissance civile médiatique et si d’ici ce soir, ce problème n’est pas réglé parce que nous savons que c’est le fait de l’ARPT et nous avons toutes les preuves. », a-t-il expliqué. Et parlant des démarches, il  a dit ceci: « Nous avons entamé des démarches au niveau des autorités compétentes. Mais, malheureusement nous n’avons pas eu de réponse et nous ne sommes pas contre la sanction d’un journaliste ou d’un média, mais il faut qu’ils respectent les lois. »
Christine Finda Kamano 
 
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Last modified: 27 novembre 2023

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